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Né en 1859 à Saint-Aubin-de-Bonneval dans une famille modeste, Louis Boissey est rapidement repéré pour ses qualités intellectuelles et humaines. Il entre au petit séminaire de Sées en 1873, puis poursuit brillamment ses études jusqu’au grand séminaire. Considéré comme l’un des meilleurs élèves, il est ordonné prêtre en 1882. Il aurait pu devenir professeur, mais des difficultés pratiques l’en empêchent. Il est affecté dans différentes paroisses, notamment à Passais, où il laisse un fort souvenir. Il y fit construire une flèche pour l’église et fit fondre une cloche.

Son arrivée à Beauchêne date du dimanche de la Passion de l’année 1896.
Dès son installation, l’abbé Boissey déclare vouloir être « l’instrument de Dieu et le père de [ses] âmes jusqu’à la mort ». Il refuse plusieurs promotions dans des paroisses plus importantes, par fidélité à Beauchêne. La commune est alors l’une des plus pauvres du diocèse, marquée par la fermeture d’une usine et une population d’environ 800 habitants. Cela ne freine pas son énergie ni sa foi.
Constatant l’état délabré de l’ancienne église, il initie la construction d’un nouvel édifice religieux, malgré le manque de moyens. Dès 1903, il lance des collectes, participe lui-même physiquement au chantier avec son vicaire, et sollicite la générosité des habitants. La première pierre est bénie en 1904, la nef ouverte au culte en 1906, et le chœur achevé en 1908. Il parvient à réunir plus de 90 000 francs malgré la pauvreté locale. Le clocher est installé après la guerre. Il ne pourra pas achever la flèche, son seul regret.
Outre son œuvre matérielle, l’abbé Boissey est salué pour sa vie de prière, sa charité sans limite et sa rigueur spirituelle. Il aide les pauvres, donne tout ce qu’il possède, marche pieds nus pour visiter des malades, et reste profondément attaché à la Vierge Marie. Il choisit de placer l’église sous le vocable de Notre-Dame de la Paix, en lien avec l’actualité internationale (la Conférence de la Paix de La Haye en 1899, convoquée par le tsar Nicolas II). Il crée les Annales de Notre-Dame de la Paix pour promouvoir cette dévotion.
Jusqu’au bout, il continue son ministère : catéchisme, prédication, retraites, visites aux malades. Il s’éteint le 22 mars 1932, à l’âge de 73 ans. Ses funérailles sont célébrées avec solennité à Beauchêne. Il repose devant l’autel qu’il affectionnait tant.
En guise d’héritage, il laisse non seulement une église, mais aussi un exemple de dévouement sacerdotal. Il a formé des générations de fidèles, inspiré plusieurs vocations, et transmis une foi profonde. Son testament spirituel exhorte ses paroissiens à la paix, la charité et la fidélité à l’Église.

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